DSA, DAE, DA, DEA, le point ! 

La réapparition du défibrillateur entièrement automatique, « DEA » est venue, en France, semer la confusion dans l’esprit des gens. Comment s’y retrouver ? Pourquoi cette polémique

Quelques définitions
 
DSA : Défibrillateur Semi Automatique (C’est l’utilisateur qui appuie sur le bouton choc après que l’appareil ait conseillé la délivrance d’un choc)
 
DEA où DA : Défibrillateur Entièrement Automatique (Quelques secondes après avoir conseillé la délivrance d’un choc l’appareil déclanchera automatiquement la délivrance du choc.)
 
DAE : Défibrillateur Automatisé externe (Appellation générique qui inclut les DSA, DEA, DA)
 
Pourquoi cette polémique ? Un constructeur aurait vu une opportunité dans la loi française, un vide juridique et s’est servi de ce supposé vide juridique pour convaincre certaines personnes qu’il n’y avait pas besoin de formation pour utiliser un défibrillateur entièrement automatique (DEA) !
 
Pourtant la différence entre un DSA et un DEA est quasiment nulle ! De plus, AUCUNE étude n’a démontré la supériorité ni une plus grande facilité d’utilisation du DEA. Il faut rappeler que le DEA ne reconnaît pas l’arrêt cardiaque, ne donne pas l’alerte, ne pose pas les électrodes sur la poitrine nue du patient et ne fait pas la réanimation cardio-pulmonaire (RCP).
 
Certaines personnes affirment que des gens non formés utiliseront plus facilement un DEA qu’un DSA à cause de la notion de responsabilité. Il faudrait plutôt dire où préciser que des gens non formés ne savent pas ce qu’est un DSA où un DEA. Il y a donc pratiquement aucune chance qu’un citoyen non formé ne reconnaisse l’appareil, même posé sur un mur, et encore moins l’utilise sans avoir reçu au préalable une formation minimale.
 
Précisions : Ce qui n’est jamais mentionné par les promoteurs du DEA en accès public : Tous les programmes d’accès public à la défibrillation en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) auxquels ils font référence, sont dotés de DSA. Dans ces pays, pour chaque programme d’Accès public à la défibrillation (PAD) une formation et une campagne de sensibilisation annexe sont organisées.
 
Citons en exemple les aéroports de Chicago, plus de 50 DSA sur 3 aéroports et 5000 personnes de formées (employées des Aéroports et sous-traitants) la première année de la mise en place des DSA. Une campagne de sensibilisation du public sur les écrans de télévision, des aéroports et un programme de formation continue au centre de formation au secourisme de l’aéroport d’Ohare sont les raisons du succès de ce programme.
 
Au Canada, la ville d’Ottawa, Capitale Nationale, à disposé dans la ville plus de 600 « ZOLL AED PLUS® » (DSA) et a mis en place un programme de formation RCP/DSA pour la population en collaboration avec les « paramedics » et les divers organismes de formation au secourisme de la Capitale.
 
De plus, « Santé et bien-être social du Canada » interdit à la vente et donc à l’utilisation les Défibrillateurs Entièrement Automatique (DEA). Les raisons de ce refus : Aucune preuve n’existe à ce jour indiquant que le DEA améliore la survie des victimes d’arrêt cardiaque par rapport au DSA. Il existe aussi un potentiel plus grand pour le secouriste et les témoins d’être victime d’un choc accidentel délivré automatiquement par l’appareil alors que le secouriste n’aurait pas entendu la mise en garde de l’appareil. 

Conclusion 

Les « Recommandations 2005 » en matières de RCP et Défibrillation Automatisée Externe ne font aucune mention de la supériorité du défibrillateur entièrement automatique mais ils précisent bien que pour l’utilisation d’un DAE (donc DSA où DEA) il faut des gens formés. 
 
Le défibrillateur à lui seul ne peut sauver des vies. Il faut des secouristes formés à l’utilisation des appareils mais qui savent aussi faire une bonne RCP.
 
Sans la RCP pratiquée dans les 3 à 5 minutes suivant l’arrêt cardiaque et l’utilisation d’un DAE, la victime d’un arrêt cardio-respiratoire n’a que peu de chances de survie.
 
C’est la combinaison RCP & DAE qui sauve des vies et le tout passe sans contredit par une formation minimale.